Faire tenir un site de recherche en santé mentale, riche mais illisible, dans une application mobile — en validant les catégories par un tri de cartes plutôt que par intuition.
Equi-libre diffuse librement, sur son site web, le fruit de ses recherches en santé mentale — mais la quantité d'informations y rend la navigation complexe. L'enjeu de la mission : transformer ce contenu en une application mobile "user-friendly", en ne gardant que ce qui répond à un vrai besoin utilisateur. Une recherche préalable menée par Pia, UX researcher, a défini 4 personas — dont un profil en arrêt maladie pour couvrir les situations de vulnérabilité — et fait émerger 4 familles d'attentes : organisation du temps, exercices pratiques, journal de bien-être et conseils personnalisés.
Une démarche en quatre temps, de l'analyse concurrentielle au wireframe, avec un test utilisateurs au milieu pour ne pas structurer l'application sur la seule base d'une intuition de designer.
Étude de Headspace, MindDoc et Petit Bambou sur trois axes : disposition du contenu, rangement/catégorisation, wording — 2 forces, 2 faiblesses et un relevé de vocabulaire par application.
Rédaction d'une liste de mots-clés (méditation guidée, journal de bord, charge mentale, insomnie…), test en tri de cartes ouvert avec 5 participants dont les personas Jules, Esmée et Pierre, chacun testé séparément.
Traduction des catégories émergées en diagramme d'arborescence (accueil → catégories → contenus), puis un parcours par persona pour vérifier que chaque chemin reste court et cohérent.
Prototypage de 13 écrans en basse fidélité — sans charte graphique ni contenu rédigé — pour ne discuter que de structure et de navigation avec le client.
Les corrections livrées en version 2 donnent la mesure des retours du premier passage : contenu jugé trop pauvre par section, navigation peu lisible dans les listes longues, personnalisation insuffisante.
| Axe retravaillé | Correction apportée |
|---|---|
| Choix utilisateur | Contenu enrichi dans chaque section, pour laisser le choix plutôt qu'imposer un seul parcours |
| Accessibilité | Système de tags et de filtres pour naviguer dans les contenus longs |
| Personnalisation | Recommandations et accès rapides ajustés au profil de chaque utilisateur |
Le tri de cartes a confirmé une intuition et corrigé une autre. Les participants regroupent spontanément le contenu en 4 familles — Exercices, Suivi personnel, Organisation, Ressources — mais se contredisent sur près de 60 % des placements ambigus (anxiété, sommeil, burn-out), tantôt rangés dans Suivi, tantôt dans Ressources. Plutôt que de trancher artificiellement ce désaccord, l'architecture finale nomme ces thèmes explicitement dans Ressources et double le classement d'un système de tags.
Ce projet a mobilisé la construction d'une architecture de l'information à partir de données utilisateurs, plutôt que d'une intuition de designer.
Ce que le jury a retenuPremier passage : architecture globalement cohérente, mais contenu jugé trop pauvre par section et navigation peu lisible dans les listes longues (Ressources). Un menu «burger» était attendu par la grille d'évaluation — non intégré volontairement, pour ne pas dupliquer la bottom navigation.
Ce que j'en retireUne architecture validée par un tri de cartes reste fragile si le contenu réel de chaque section n'est pas au rendez-vous. Un choix de navigation qui s'écarte de la grille d'évaluation doit être justifié explicitement à l'oral, pas seulement décidé en silence.
Martin Lanrezac — Formation UX Design, OpenClassrooms. Soutenance 8 : Equi-libre, agence fictive.